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Permis bateau sur le Léman : mon parcours

Permis bateau sur le Léman : mon parcours (et la demande en mariage cachée derrière)

Entre code côtier, code fluvial, examens ratés à un cheveu et une pile de cachotteries, voici l’histoire de mon permis bateau. Un parcours qui n’avait, en réalité, qu’un seul vrai objectif : marquer le coup pour nos 10 ans avec Steph… en la demandant en mariage.

Un rêve mis de côté

Après mon arrivée sur les bords du Léman, et fort de mon inactivité, je m’étais déjà dit que je passerais certainement le permis bateau un jour. Il y avait justement une bateau-école à Nernier. Le hic ? Le prix : 650 € pour le passer à Nernier.

Nous étions arrivés en octobre 2024, on était à l’été 2025, et d’autres frais étaient déjà prévus. Ce ne serait donc pas pour cette année : j’avais mis l’idée dans un coin de ma tête pour 2026.

Le vrai objectif : nos 10 ans

Sauf que… j’avais une autre idée en tête. Steph et moi arrivions tout doucement à nos 10 ans, et j’avais très envie de marquer le coup pour l’occasion.

Au détour d’une discussion, un midi, un collègue m’a raconté avoir passé son permis chez Nerib. Intrigué, on regarde pour 2026… et il y avait justement une promotion en cours. Alors : let’s go !

Sur le moment, je me dis « sympa, je garde ça pour 2026 ». Mais le lendemain, j’y pense encore. Je finis par m’inscrire, avec un objectif clair : avant de fêter nos 10 ans, nous serons fiancés.

Le permis bateau, comment ça marche

Selon les options choisies, le permis bateau comporte différentes étapes :

  • une théorie en classe (environ 6 h) ;
  • une partie pratique (4 h) ;
  • deux examens de code, sur le modèle du code moto ou voiture : il faut 35 bonnes réponses sur 40. Dans mon cas, je devais passer le code fluvial et le code côtier ;
  • et, pour pouvoir utiliser une radio à l’étranger, le permis radio (VHF).

Une inscription semée d’embûches

L’inscription était déjà contraignante : il faut prévoir un timbre fiscal, une photo, le contrat, la pièce d’identité, et le paiement (qui, chez moi, avait déjà bugué).

Et pour finir, un certificat médical. Là, c’était le vrai hic.

Le certificat médical (et ma première cachotterie)

Je devais faire les démarches rapidement. Arrivé en France une dizaine de mois plus tôt, je n’avais pas de médecin traitant attribué, et beaucoup refusaient les nouveaux patients. J’ai fini par en trouver un à Lullin, qui pouvait me recevoir.

J’y suis allé en faisant croire à Steph que j’allais faire une prise de sang — ce qui n’était évidemment pas le cas. Je demande mon certificat, puis, l’air de rien, si le médecin fait les bilans sanguins. Malheureusement non. Je repars donc bredouille (mais avec mon certificat), et je dois expliquer à Steph qu’il ne les faisait pas…

On est le 30 juillet.

La journée de théorie

Étape suivante : m’inscrire à la théorie. Il y a 9 agences, Annemasse étant la plus proche… mais rien de disponible avant fin septembre. Je m’inscris donc à Annecy, et je dis à Steph que j’irai fin août faire un tour à moto avec Quentin — puisque je venais tout juste d’obtenir mon permis A2, et la moto !

Le 24 août, me voilà donc à la journée de théorie. J’avais déjà demandé mes accès aux sites de révision fournis par Nerib :

  • https://www.monpermisfluvial.com/
  • https://www.monpermiscotier.com/

On revoit le balisage (balises latérales, cardinales…), les signaux à l’entrée des ports, les feux et les marques pour reconnaître les autres bateaux et les priorités selon le RIPAM (Règlement international pour prévenir les abordages en mer). On aborde aussi la radio, les éléments de sécurité et la gestion des cartes.

Élément très important : ils nous donnent également un troisième site, https://www.loisirs-nautic.fr/, et nous annoncent que la combinaison des trois est nécessaire !

Mon objectif étant le côtier (le Léman est considéré comme côtier), j’avais déjà étudié et fait des tests avant même la journée. Celle-ci permet de tout revoir une fois et de balayer chaque sujet.

On termine la journée par des examens blancs, puis on reçoit le lien d’inscription pour le pratique. Celui-ci se passe uniquement à Lyon : à la Confluence, ou plus au nord à Albigny-sur-Saône. Je m’inscris pour le 12 septembre, histoire de me laisser un maximum de marge pour tout conclure derrière. La bague, elle, est commandée début septembre. L’objectif : faire ma demande avant mon départ à San Francisco pour le boulot, ou entre mon retour le 26 et le 19 novembre.

Trouver un bateau

Je commence à regarder pour le théorique côtier. Mon collègue Quentin m’avait dit avoir obtenu une attestation temporaire le temps de passer son fluvial : on est donc tout bon… du moins, c’est ce que je crois.

Je regarde aussi sur Click&Boat et Samboat, deux applications de location de bateaux, et je me rends compte que beaucoup d’embarcations sont déjà hivernées (logique, mais ce n’était pas dans mes plans).

Je me dis alors qu’à Nernier, d’autres personnes ont des bateaux. Je demande à Olivier, un ami du village, s’il ne connaîtrait pas quelqu’un… Il ne lui aura fallu que quelques heures pour m’annoncer qu’il connaissait effectivement la bonne personne et me trouver une solution ! J’avais donc mon bateau.

Jongler avec les dates (et les mensonges)

Les jours défilent. À l’approche du 12, une ou deux semaines avant, Steph me dit que le 11 est férié à Genève (le Jeûne genevois) et me propose qu’on parte quelques jours. Je lui réponds qu’on avait prévu une balade à moto le 12 avec mes collègues… tout en tentant, en arrière-plan, de déplacer la date du pratique. J’y parviens : ce sera le 10 ! Mais à Lyon-Confluence. Comme je « vends » un tour à moto à Steph, je m’enfile 2 h 30 de route sur ma CB650R. Elle est parfaite, mais sans carénage ni bulle, je vais prendre le vent de plein fouet.

On y est presque, et là… le jour J, les Français décident de faire grève. Pratique annulé. Je reprogramme au 18, pas grave, et pour faciliter les choses, je prends déjà rendez-vous pour le théorique le 15.

Tout s’aligne petit à petit — yapluka, comme on dit !

Sauf que la vie s’en mêle encore. J’avais planifié le théorique côtier le 15 et le fluvial le lundi 22 septembre. Mais nous partons en Italie pour un week-end prolongé de 4 jours, et je me rends vite compte qu’étudier avec Steph à proximité va être compliqué. Je finis par reporter le théorique côtier du lundi 15 au 16. Et pour justifier mes révisions, je lui dis que je bosse pour ma formation de plongée prévue plus tard en octobre.

Problème : je ne suis pas prêt. Je ne réussis même pas les examens blancs sur mes applications (Bato, Examen permis bateau côtier) et surtout sur Loisirs Nautic. Mais ça se tente : l’enjeu est bien trop beau. Si tout va bien, j’aurai fait le pratique le jeudi, et je peux même envisager de faire ma demande ce week-end-là. Cerise sur le gâteau, le mardi, j’apprends que la bague arrivera en avance !

Le code côtier : à un cheveu

Me voilà donc à l’examen, à Bons-en-Chablais. Je commence, et je compte sur mes doigts les fautes possibles. Je sais qu’il me faut 35/40, j’ai donc droit à 5 erreurs. Je termine l’examen avec 6 fautes potentielles pour 5 autorisées. Je suis triste : j’échoue à un cheveu.

Mais là, la dame du centre me dit : « Attendez, je peux voir le résultat. » ET C’EST BON ! 35/40 : une des questions sur lesquelles j’avais hésité était juste ! On file boire un verre avec Olivier pour fêter ça.

Le pratique : la douche froide

On y est presque ! Un dernier obstacle se dresse : un meeting client tombe le jeudi, impossible à louper ou à déplacer… pile pendant mon pratique bateau. Je forme donc mon collègue Clément pour qu’il fasse la démo à ma place.

Le jeudi, me voilà parti à 10 h 30, avec ma moto fraîchement sortie d’entretien, direction Albigny-sur-Saône. J’arrive 10 minutes avant l’heure : la route est longue, et j’avoue être un peu sonné par le vent contre mon casque pendant les deux heures de trajet.

Le pratique se passe avec Éric. On apprend à manœuvrer le bateau dans toutes les circonstances — et il fait beau, on a de la chance. Au programme : vérifier l’état du bateau, faire les check-lists avant démarrage, démarrer et quitter l’amarrage, virer en marche avant et en marche arrière, faire demi-tour, s’amarrer, réaliser les nœuds d’amarrage, tenir une vitesse, récupérer et annoncer un homme à la mer, tenir un alignement, mouiller… C’est instructif, et au final assez instinctif : on assimile ces manœuvres plutôt facilement.

Mais là, deuxième douche froide. Éric m’apprend que l’attestation n’est plus délivrée dès l’obtention d’un seul des deux théoriques : les deux doivent désormais être validés avant de l’obtenir. Moi qui comptais passer le second examen la semaine suivante, pendant que Steph serait en Belgique pour rencontrer son neveu qui venait de naître…

Le code fluvial : le château de cartes

Il ne me reste qu’une solution. Rentré à 20 h, groggy par le trajet en moto, j’annonce à Steph que je dois étudier pour mon brevet de plongée, et je déplace mon rendez-vous : du lundi au lendemain 17 h. Il restait justement une place, une seule, dans un centre Objectif Code au-dessus d’Annemasse.

J’étudie 3 à 4 heures, et ce n’est pas brillant : je rate quasiment tous les examens blancs, certains de peu, un 27/40. Je ne suis pas concentré, le stress me fait perdre mes moyens. C’est mal barré, mais ça se tente. Je préviens déjà Nerib, qui m’annonce vouloir aussi le livret d’instruction. Je pars donc à 16 h pour le théorique, je poste le livret en chemin, et je file à l’examen.

Les questions sont, encore une fois, plus simples que sur Loisirs Nautic, mais certaines restent pointues. À la moitié, voire aux trois quarts de l’examen, j’ai déjà atteint mes 5 questions incertaines. Je suis déçu, vraiment : j’étais si proche de l’exploit… et le dernier élément fait s’effondrer le château de cartes. Je sors dépité, et cette fois, pas de gentille dame comme à Bons-en-Chablais pour me donner mon résultat directement…

Je retourne vers ma moto, j’ouvre mes mails, et là — le résultat. Je scrolle compulsivement en le cherchant. Je m’attends sincèrement à un « AJOURNÉ »… mais non : c’est un « FAVORABLE » auquel je ne m’attendais pas !

Le bateau de Didier, mais pas d’attestation

J’avais déjà prévu de retrouver Didier, qui me prêtait gentiment son bateau. Rendez-vous au port pour découvrir l’embarcation, le temps que je reçoive l’attestation de Nerib. Ils étaient prévenus de mon passage à 17 h, et je leur avais transmis instantanément mon résultat ainsi qu’une photo prouvant l’envoi de mon carnet.

En attendant l’attestation, on fait le tour du bateau et on part faire un tour. Didier me laisse désamarrer, sortir du port, il me fait accélérer, puis on revient nous amarrer.

Seulement voilà : pas d’attestation. Nerib ne me l’enverra jamais ce jour-là, malgré la réception de mon carnet le mardi suivant. Il m’aura fallu attendre le jeudi 2 octobre pour enfin l’obtenir.

« Oui ! »

J’aurai tout de même trouvé une solution pour faire ma demande le lendemain. Accompagnée de sushis — comme lors de notre tout premier repas, 9 ans, 10 mois et un jour plus tôt.

Et elle m’aura dit oui.

Je recevrai donc le 2 octobre l’attestation actant la fin du parcours et la validation de ma demande de permis.

Mon avis sur l’école Nerib

Nerib aura été une bonne école de formation. Le seul bémol, mais de taille : leur manque de flexibilité. Ils ont clairement fait preuve de mauvaise volonté — pour une raison que je peux comprendre (la crainte de perdre leur agrément, peut-être ?). L’absence de réponse, même après la réception de mon carnet, reste une grosse déception : ils auraient pu tenir compte d’un cas aussi particulier que le mien.

Et maintenant ?

Mais peu importe : me voici avec le permis bateau. Et c’est là que je prends conscience que ce ne sera pas seulement pour ma demande, qui m’avait obnubilé jusque-là. Partir plonger, partir en vacances, visiter l’Italie et ses côtes depuis un bateau, la Corse… autant de nouvelles perspectives !

Il reste un dernier point : si je veux pouvoir utiliser la VHF en dehors des eaux françaises, il me faudra passer le permis radio (VHF). Mais ça, ce sera pour un prochain chapitre.

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