Obtenir le permis A2, mon parcours
Pourquoi je n’avais pas envisagé la moto plus tôt ?
J’ai obtenu mon permis voiture en janvier 2011. Jusqu’à mon arrivée à Genève, je n’avais jamais ressenti le besoin d’un permis moto. Dans mon domaine, l’informatique, les entreprises fournissent souvent des voitures de fonction, ce qui simplifie les déplacements. De plus, les risques encourus par les motards – qu’ils soient fautifs ou non – ne m’attiraient pas.
Genève et la question du transport
À mon arrivée à Genève, les choses ont changé. Durant mes premiers mois à Ambilly, le tram a été ma solution. Ensuite, je suis passé à une trottinette électrique : liberté, gain de temps et économies d’environ 6 CHF par jour. Lorsque j’ai déménagé à Nernier – ma terre d’accueil définitive –, plusieurs options s’offraient à moi :
- Transports en commun + trottinette : 16 CHF par jour et un temps de trajet pouvant atteindre 1 h 30.
- Voiture : pratique et plus libre, mais les bouchons autour de Genève-Plage m’auraient fait perdre au moins une heure par jour.
- Deux‑roues : vélo speedpedelec (45 km/h) ou moto.
J’ai finalement choisi la moto : à 45 km/h, le trajet ne dure que 45 minutes au lieu de 1 h 30. Le speedpedelec coûte plus cher qu’une moto et n’offre pas le même confort. Seul problème : il faut un permis !
Formalités : un parcours administratif
Au départ, je souhaitais opter pour une moto 125 cm³. En France, une formation courte de 7 heures suffit pour rouler, mais cette autorisation n’est pas valable en Suisse… J’ai donc décidé de passer le permis moto complet (A2). Cependant, mon permis est belge : je ne peux pas passer le permis en France, et étant domicilié en France, je ne peux pas le passer en Belgique. Une seule solution : convertir mon permis belge en permis français.
La demande est déposée le 4 novembre 2024 via le portail ANTS. En attendant, je roule en scooter 50 cm³. Après sept mois d’attente, je reçois enfin mon nouveau permis français le 27 mai 2025. Dès réception, je m’attaque au théorique. Une place se libère pour le 28 mai au nord de Genève : je me présente, révise la veille grâce à une appli mobile et au site du code Rousseau, et je réussis l’examen théorique du premier coup.
Les points les plus délicats pour moi furent :
- Les barèmes de perte de points et d’amendes : je trouve inutile de les connaître par cœur.
- Les statistiques d’accidents et de mortalité : nécessaires pour sensibiliser, mais à quoi bon les apprendre par cœur ?
En France, on parle de permis A2 ; le permis A n’est accessible qu’après deux ans d’A2. En Belgique, on peut obtenir le permis A directement à partir d’un certain âge.
Le permis moto A2 : étapes et formation
Le permis se déroule en trois étapes :
- L’examen théorique : grâce à des applications de révision et au site du code Rousseau.
- Le plateau : maniabilité hors circulation et examen de plateau.
- L’examen de circulation : conduite en conditions réelles.
Premières heures de plateau
De retour à Genève le 15 juin, j’assiste à mon premier cours de 2 heures de plateau. Je fais connaissance avec mon moniteur et les choses s’enchaînent rapidement : présentation de la moto, des commandes, démarrage et arrêt avec l’embrayage et le frein arrière, puis exercice avec seulement la main gauche. Nous travaillons :
- La position des pieds sur les cales.
- Les démarrages dynamiques.
- Les cercles et « huit » serrés sans toucher aux commandes.
- Le contrôle du gaz, l’équilibre au ralenti et l’utilisation du frein arrière.
- Un parcours lent extrêmement technique : aller très doucement et tourner quasiment à l’arrêt est loin d’être simple !
Ces deux heures filent à toute vitesse. Avec 30 °C, l’absence d’air frais est éprouvante.
Deuxième cours : virages et freinage
Lors du cours suivant, plus de temps à perdre : après l’échauffement en « huit », nous attaquons les figures de l’examen :
- Accélération franche et virage brusque… avec passager !
- Introduction au contre‑braquage et apprentissage du dosage des gaz et de l’embrayage pour tourner court.
- Travail du lent : ça va bien mieux que la première fois.
- Changements de vitesse (2ᵉ, 3ᵉ), frein moteur et rafraîchissement bienvenu.
- Slalom et évitement en 3ᵉ : une appréhension qui disparaît rapidement.
Ces cours passent très vite, et je me surprends à en vouloir plus. À la fin du cours, un mail m’annonce ma convocation pour l’examen pratique du plateau… Anxiété garantie !
Troisième session et stress grandissant
Le dimanche suivant, réveil à 7 h pour un cours à 9 h. Soufiane, mon nouveau moniteur, me propose une moto et je me chauffe avec des « huit ». Pendant le lent, je tombe sur le flanc : rien de grave, mais mon orgueil en prend un coup. Après avoir redressé la moto, nous travaillons la première partie du parcours d’examen :
- Lent.
- Passage entre des cônes.
- Demi‑tour avec arrêt entre deux plots.
- Accélération jusqu’au bout de la piste, demi‑tour, puis freinage d’urgence.
Les nouveautés se révèlent plus simples que prévu, sauf le demi‑tour avec arrêt. Sous la chaleur, je fais d’abord des erreurs (frein avant au lieu du frein arrière, virages trop larges). Je me reconcentre et finis par enchaîner le parcours sans faute. Une semaine plus tard, je suis à Chamonix pour le Cross du Mont-Blanc, mais je planifie deux heures supplémentaires pour chasser les derniers doutes.
Cours supplémentaires et examen plateau
Soufiane me propose deux heures de plus le dimanche, malgré la fatigue du cross. Nous reprenons toutes les figures : lent, demi-tour arrêté, freinage d’urgence, slalom et évitement. Ces deux heures rassurent sur mes points faibles.
Le jour de l’examen arrive : convocation à 8 h, échauffement dès 6 h. Premier essai : je pose deux pieds lors du lent, je n’étais pas à 50 km/h sur l’évitement. Deuxième essai : lent parfait, freinage d’urgence, passager, slalom et évitement à 53 km/h. Résultat validé ! J’obtiens le plateau du premier coup.
Après le plateau : formation en circulation
Le week‑end suivant, je commence les 12 heures de circulation (4 heures le premier jour). Nous sommes six élèves, nous alternons entre la moto et la voiture. Direction les villages pour l’agglomération, puis les routes de montagne.
- En agglomération : positionnement au milieu de la voie et respect des limitations.
- En dehors : trajectoires de sécurité, position au 1/3 extérieur de la voie, adaptation dans les virages.
La conduite moto procure un plaisir incomparable. Je décide même de commander une Honda CB650R. Retour au quotidien avec le 50 cm³… Une douche froide après avoir parcouru 70 km en moto ce jour-là.
L’attente d’une date d’examen
Pour la circulation, l’attente est plus longue que pour le plateau. Au 14 juillet, je n’ai pas encore de date, la première disponible était le 28 à Strasbourg ! Finalement, Soufiane me trouve un créneau le 29 juillet à Scionzier, avec les 4 dernières heures de circulation le samedi précédent. Malgré la pluie et quelques calages, ces heures se passent bien.
Examen de circulation : le verdict
Le mardi suivant, je pars tôt pour être à l’heure. À cause d’une erreur administrative, je passe en premier. L’inspecteur vérifie mon équipement, et nous partons de Marnaz. Sur la route de Mont‑Saxonnex, je m’amuse mais commets quelques erreurs (clignotants trop tôt, manque de prise d’information). Je termine l’examen en pensant être éliminé… mais le lendemain, je découvre une note de 22/30 : suffisant pour valider la circulation !
Conclusion et retour d’expérience
Entre la conversion de permis, le code, le plateau et la circulation, il m’aura fallu :
- 7 mois pour obtenir l’échange de mon permis.
- 27 et 28 mai 2025 pour passer et réussir le code.
- Deux semaines pour les cours de plateau et l’examen le 30 juin.
- Trois jours pour les heures de circulation et l’examen réussi le 29 juillet.
- Une moto CB650R commandée, le garage reprenant mon scooter.
Après l’examen, mon dossier était prêt pour la fabrication du permis. Il ne me restait plus qu’à cliquer sur « Envoyer ». J’obtiens une attestation pour rouler en France en attendant la réception du permis définitif.
Ce parcours m’a appris l’importance de la persévérance et de la préparation. Passer son permis moto A2 peut sembler long, mais la liberté et le plaisir qu’apporte la moto valent largement l’effort. Même avec des contraintes administratives et des phases de doute, il est possible de réussir en restant motivé. Alors, si vous rêvez de moto, foncez !